Cyclades

6 03 2011

Cyclades(image: http://www.chamboultou.fr/ )

Ayant passé les 2/3 de la partie à 2 poils de c#illes de la victoire (en dépit des apparences) sans pouvoir franchir la dernière marche avant de me faire réduire à néant dans la dernière ligne droite, Cyclades (éd. Matagot) m’a plus frustré qu’autre chose pour ma première partie. Décryptage subjectif, garanti 100% aigri & mauvais perdant.

Cyclades vous envoie directement dans l’univers grec antique, dans l’archipel éponyme. Chaque joueur y contrôle une civilisation, et devra obtenir (enfin, « acheter ») les faveurs des bons dieux aux bons moments afin de pouvoir prospérer et bâtir avant les autres 2 métropoles, signes de sa supériorité sur le reste de l’archipel.

Beau comme un marbre grec…

Tout se paye (cher) dans ce jeu, et la gestion de l’argent est un élément essentiel à la partie. L’équation est simpl(ist)e: si vous êtes très riche, vous gagnez, si vous êtes moins riche, vous perdez. Une caricature d’ultra-capitalisme un peu regrettable pour un jeu de stratégie, vu que justement, ça en ferme, des stratégies. Notamment celle d’avancer en sous-marin et se révéler au dernier moment en remplissant ses conditions de victoire. Un joueur qui n’a pas l’air dangereux est un joueur qui n’est pas dangereux, point final. Ne vous leurrez pas sur la promesse de victoire par différentes méthodes, la création (prière à Apollon) et/ou et la prise de contrôle des ressources (prière à Arès) à outrance sont une nécessité absolue quelle que soit votre moyen de bâtir vos métropoles par la suite, sinon vous n’existerez pas. Et il est naturellement impossible de rattraper le moindre retard en cours de partie. Dommage.

Ceci étant, le premier contact avec le jeu est positif: plateau modulable selon le nombre de joueurs, pièces assez fines niveau détails et différentes pour chaque civilisation, jolies illustrations, Cyclades se pare d’atours de bonne facture. Par contre, les règles ont posé problème au démonstrateur, qui n’en était pourtant pas à sa première partie. Les coupures de vérifications de règles ont achevé de détruire toute notion de fluidité dans la partie, et ainsi collé un sacré coup de mou à l’expérience de jeu. Des tours longs pour finalement peu de mouvement, le système de jeu étant d’une simplicité bienvenue au départ, mais qui semble presque devenir un handicap au vu des temps morts observés durant la partie.

… et chiant comme un marbre grec.

Cette partie de Cyclades représente à mes yeux le côté obscur du jeu de stratégie/gestion, l’archétype d’expérience caricaturale de ce style de jeu. On se trouve en présence d’un produit à la mécanique ultrasimple, doté de quelques autres qualités, mais où les tours durent de longues minutes pour rien (ou si peu), qui perd les joueurs dans tous les sens à vouloir sembler trop ouvert et, paradoxalement, dont la mécanique centrée sur l’acquisition de l’or condamne finalement chacun à adopter l’une des 2 attitudes « conformes » (jardiner ou attaquer). Pas forcément un mauvais jeu, mais il y a beaucoup plus intéressant sur le marché pour y investir 40 ou 50€.

Cyclades

Le Matagot

Apparence: 15/20

Plateau lisible & détaillé, pions reconnaissables sans trop d’efforts, cartes sympa à voir. Y’a pas à dire, c’est de la belle ouvrage.

Simplicité: 11/20

Ça vient peut-être du démonstrateur, mais l’ensemble semble plutôt fouillis, chaque action ayant sa propre règle et les actions possibles étant plutôt nombreuses.

Fluidité: 6/20

Flu… quoi? Oubliez cette notion. Les tours sont interminables pour si peu de choses qu’on regrette rapidement de ne pas avoir embarqué un bon livre. Un manque de fluidité paradoxal pour un jeu qui se passe sur l’eau (ah ah).

Immersion: 6/20

On pourrait s’immerger dans cette aventure nautique (oh oh), si seulement les tours étaient plus chargés en actions. L’inactivité provoque un détachement fatal à l’ambiance.

Fun: 5/20

J’ai envie de reprendre le commentaire à propos de l’Immersion. Même cause et mêmes conséquences, le temps d’ennui casse le plaisir.

Clarté des règles: 8/20

J’ai rien compris, c’est grave? Bon, j’exagère, on saisit l’essentiel au bout de quelques tours… et donc on tente des combinaisons plus audacieuses… et on retourne dans les règles pour voir si on peut ou pas tellement c’est pas clair au début.

Accomplissement personnel: 16/20

On parle d’un bon gros jeu de stratégie/gestion, ‘faut pas venir y voir avec l’idée de faire 2-3 tours pour se marrer même si on se fait laminer. Cyclades demande du sérieux, et récompense ce sérieux avec la satisfaction de s’être montré le meilleur stratège de la table. Et c’est bien. Si si.

NOTE FINALE: 10/20

Voyage au fin fond de l’ennui et de la morosité. Beau mais d’un sérieux à en mourir, Cyclades a en outre la mauvaise idée de saborder toute idée de tour de jeu fluide, pour bien vous maintenir dans votre marasme le plus longtemps possible… C’est parfois des sadiques, au Matagot…

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