Metromania

23 08 2018

Je dois reconnaître une chose: dans notre cercle de joueurs, on est très moqueurs. Genre, quand on voit que l’auteur d’un jeu se nomme Jean-Michel Maman, bah on est comme des enfants de 8 ans, on ne peut pas s’empêcher d’en rire. C’est peut-être ce recul qui nous a empêché de nous plonger sérieusement dans Metromania. Et qui nous a sauvé la santé mentale.

Metromania_boite1Dans une ville indéterminée, 4 compagnies de métro sont en concurrence pour établir le meilleur réseau et obtenir le plus… d’argent? Non: de « Points d’Utilité Publique ». Tant qu’une personne travaillant dans (ou avec) une mairie ne m’aura pas certifié que les « Points d’Utilité Publique » existent et servent à quelque chose, je maintiendrai que ce jeu est foireux au niveau de son pitch.

Mais pas seulement, car la principale caractéristique de ce jeu c’est sa constance à ce niveau d’échec. Pas mal de personnes lui pardonnent apparemment beaucoup de choses parce que c’est un jeu auto-édité. Un jeu comme Négoces est également auto-édité, ce n’est pas non plus le jeu du siècle, et pourtant il est largement au-dessus de ce Metromania en termes de qualité. Déjà, ne serait-ce que par le visuel.

Foreuse

Metromania est sorti en 2006. En le voyant j’ai cru avoir dans les mains une boîte parue dans les années 80 et sortie d’un vieux grenier. Une impression qui n’a pas disparu à l’ouverture de la boîte. Le plateau est terne, les rares illustrations sont moches, les pièces sont basiques… Mr Maman (mouahaha) n’a pas pu (voulu?) trouver un bon graphiste et ça se voit.

Dans le tas se trouve quand même une idée que j’apprécie toujours: le plateau, séparé en 6 tuiles triangulaires, est modulable. Chaque joueur reçoit des jetons avec des lignes (pleines ou rayées) à sa couleur ainsi que des pions de début/fin de ligne. Des jetons de lieux et des pions de « stations » ainsi qu’une règle du jeu complètent l’ensemble.

Et donc l’objectif? Il va falloir relier 2 extrémités de la ville avec chacune de ses 2 lignes de métro, en passant proche d’objectifs disséminés sur le parcours pour maximiser son gain de points. Les objectifs sont de trois sortes: les quartiers résidentiels (les maisons), les quartiers d’affaires (les immeubles), et les quartiers de loisirs (les sortes de prisons de l’espace avec « FUN » écrit dessus). Il y a aussi une forêt et un lac mais on s’en fout.

Taupe

Metromania_boite2Et donc, jusque-là c’est moche mais simple, on se dit « pourquoi pas? ». Et arrive la « Maman’s touch ». Premièrement et pour une raison que seul l’auteur comprendra, il est interdit de longer un objectif si vous n’avez pas de jeton d’objectif à mettre dessus. Au passage, la règle est tellement bien écrite qu’on pense avoir mal joué notre partie en longeant des objectifs déjà revendiqués par les autres joueurs, mais on n’en est pas surs.

Deuxièmement, à la fin de la partie, votre plus gros pourvoyeur de points sera une série de trajets-tests effectués par la mairie et devant relier les paires d’objectifs de même lettre de la façon la plus optimale. Sauf qu’en début de partie chaque joueur dispose de 3 pions sur les 12, avec 3 lettres différentes. Et que les objectifs sont posés face cachée sur le plateau, et ne sont révélés qu’à la fin de la partie.

Donc en gros, vous allez poser vos rails et vos objectifs au petit bonheur sur le plateau sans avoir la moindre idée de ce qui vous fera ou non marquer des points, et en sachant à peine comment car troisièmement (et merci la rédaction des règles), si vous suivez le livret dans son ordre logique vous découvrirez après coup qu’il fallait nécessairement bâtir des stations près de ces objectifs pour qu’ils comptent dans le total. (C’est à ce moment du jeu qu’on a triché, et on a mis des stations là où on aurait dû en mettre si on avait su qu’elles étaient nécessaires).

J’ai connu des mauvais jeux. Certains m’ont provoqué du désintérêt, de la tristesse, voire même de la colère. Aucun jusqu’à ce Metromania ne m’avait provoqué des rires nerveux et plongé dans la folie. J’ai peine à croire qu’un être humain ayant vécu une vie heureuse soit à l’origine de cette chose. Si vous voulez y toucher c’est à vos risques et périls, moi je passe mon tour.

METROMANIA

Apparence: 08/20

Bienvenue à la fin des années 80. C’est moche, sans personnalité (même The City ou Blueprints font mieux)… Rien n’est attirant visuellement dans ce jeu.

Simplicité: 11/20

Le principe de base est simple (pose des rails et trace ton chemin), mais les ajouts de conditions complexifient très vite le propos.

Fluidité: 12/20

Là encore, le début passe bien, quand on ne se gêne pas. Et vers la fin, quand le chaos est absolu et qu’on ne sait même pas où on doit aller, la réflexion s’allonge…

Fun: 05/20

J’admets, on a ri durant la partie. Mais ce n’est pas à mettre au crédit d’un jeu inintéressant jusqu’à l’absurde.

Clarté des règles: 04/20

Il n’y a que 2 pages de règles et c’est écrit gros, et pourtant on se perd dans un méandre d’informations tronçonnées entre divers chapitres sans cohérence, comme si au milieu d’un paragraphe l’auteur s’était souvenu d’un détail qu’il aurait dû ajouter plus tôt et qu’il le plaçait là vite fait. Et n’espérez pas vous raccrocher à des exemples pour mieux comprendre. Un carnage.

Accomplissement personnel: 04/20

J’ai hésité à noter cette composante, mais le style de jeu appelle à se casser les méninges pour faire le meilleur score. Sauf que la manière de déterminer ledit score est invisible jusqu’à la fin de la partie et qu’on ne peut même pas se raccrocher à une stratégie de « faire de tout » pour limiter la casse. On avance juste au pif jusqu’à ce que le jeu décide de qui gagne.

NOTE GLOBALE: 07/20

Jean-Michel Maman a tourné autour de l’univers du jeu de plateau dans les années 80, et ça se ressent. Des formules qui fonctionnaient peut-être il y a 30 ans sont ici rendues telles quelles, sans modernisation visuelle ni de gameplay. Metromania est moche, peu amusant, lourd, et bien loin des titres modernes au niveau de l’intérêt de la partie. Le seul point positif de ce titre est son plateau modulable qui augmente sa rejouabilité. Mais qui voudra rejouer à ça?

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