Blanc-Manger Coco

27 03 2017

Comme promis dans mon test de Kalifiko, voici à présent celui de Blanc-Manger Coco. Un jeu qui me pose tellement de problèmes qu’il sera à deux visages: l’objectivité sera de mise dans le cadre de notation en bas d’article, tandis qu’un avis purement subjectif servira de trame au texte explicatif. La différence entre les deux risque de vous surprendre.

boîteJe dois vous faire une confession: j’aime pas trop Jean-Marie Bigard. Il y a bien sur quelques sketchs intéressants dans son répertoire comme la Valise RTL ou la Chauve-souris enragée, mais quand il part dans l’humour graveleux bas de gamme je zappe. J’ai jamais regardé American Pie non plus, ni la plupart des comédies pour ados de même calibre.

Oui, il m’arrive de placer des expressions comme « dtc » (dans ton cul) ou « cmb » (comme ma bite), mais je les considère moins comme des grivoiseries lambda que comme des marqueurs sociaux, des éléments que les adeptes de mèmes internet seront à même de reconnaître pour mieux m’identifier comme un des leurs. Et quand je ris de « métaphores », je n’ai pas besoin pour m’amuser qu’un lourdaud vienne me dire « c’est drôle parce que ‘sa pizza’ en fait ça veut dire ‘sa vulve’, huhuhu! ». L’humour trash s’épanouit dans le mystère et le non-dit.

Prout.

Mystère et non-dit seront les grands absents de Blanc-Manger Coco, adaptation à la culture française du jeu américain « Cards against Humanity ». Le jeu est composé de cartes de 2 types, rangées dans une solide boîte en carton et accompagnées d’une règle du jeu. L’ensemble est de bonne qualité, le visuel est très sobre et offre une bonne lisibilité. J’allais écrire « trop sobre », mais si la déco avait été à l’image des textes ça aurait été un objet gênant à posséder chez soi.

Le principe est très simple: les joueurs ont en main des cartes présentant des… disons des « concepts », il peut s’agir de groupes nominaux ou verbaux: « le gouvernement Ayrault », « violer une chèvre » (hahaha), « une partouse d’octogénaires » (hohoho) ou plus simplement « ma bite » (héhéhé). A chaque tour est désigné un Juge. Le juge pioche une carte « texte à trou(s) » (« contre le stress, —- » , « —- c’est bien, —- c’est mieux », etc.), et chaque autre joueur doit choisir dans sa main un ou plusieurs concepts pour compléter le texte. Le juge rassemble le tout et détermine l’association d’idées qu’il trouve la plus amusante.

cartesBite.

Le matos est très bon, le concept aussi (et je ne dis pas ça parce que j’utilise à peu près les mêmes règles pour jouer avec les cartes de Kalifiko), mais y’a un truc qui me gêne, c’est le niveau d’humour constamment au ras des pâquerettes, quand il ne creuse pas carrément sous leurs racines. Y’a aucune échappatoire qui permet de relever le niveau, tu vas de truc glauque en truc glauque sans te raccrocher à quoi que ce soit qui permettrait de respirer, l’humour trash explicite se prolonge jusqu’à atteindre et allègrement dépasser le point de lassitude.

Il est écrit sur la boîte que ce jeu est « le premier jeu pour adultes pensé par des adolescents et produit par des enfants ». Je corrige, il s’agit d’un jeu pour ados (ou adultes qui ont oublié de mûrir) conçu par des enfants (de 10-12 ans maximum), produit par des adultes (qui ont bien perçu la portée commerciale du truc suite à son succès outre-Atlantique). Un jeu qui me laisse froid et dont je me tiendrai à l’avenir aussi loin que possible.

Voilà pour mon avis perso. A présent, passons à la notation objective:

BLANC-MANGER COCO

Apparence: 16/20

C’est sobre, élégant, lisible, de bonne qualité, et rangé dans une boîte solide qui tiendra votre jeu en bon état. Rien à redire.

Simplicité: 17/20

La compréhension prend 3 minutes, c’est juste un poil plus complexe de gérer les réponses multiples niveau « mélange des réponses ».

Fluidité: 16/20

Pas de souci de fluidité puisque écouter les réponses fait partie de l’amusement, donc on ne ressent pas de longueur en jeu.

Immersion: 15/20

On essaie de poser les propositions les plus stupides/amusantes, ou alors en tant que juge on se demande ce que les autres vont bien pouvoir sortir… On ne décroche pas.

Fun: 17/20

C’est rare que le mot « fun » soit autant d’à-propos. Le titre est vraiment conçu pour amuser les gens et il y parvient sans difficulté.

Clarté des règles: 20/20

En même temps, la simplicité du truc facilite forcément l’explication des règles, mais quand leur transmission dans les moindres détails prend environ 12 secondes, on ne peut pas mettre en-dessous de 20.

Accomplissement personnel: /20

Non noté car gagner n’est pas le but de l’expérience ludique dans ce cas.

NOTE FINALE: 17/20

Soyons honnêtes, Blanc-Manger Coco est objectivement une grande réussite. Un exemple de jeu « minimaliste » dont les auteurs ont compris qu’un jeu d’ambiance doit justement laisser l’ambiance s’installer librement, sans la cadrer avec des règles et des accessoires superflus. Un jeu qui sera sûrement boudé par les « puristes » adeptes de la réflexion et la stratégie, mais qui mérite une place évidente dans les ludothèques de ceux qui cherchent à jouer avant tout pour passer un bon moment avec leurs proches.

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