Settlers – Naissance d’un Empire

19 07 2015

Les cinéphiles s’amusent parfois à trouver des « patterns » (des éléments récurrents) dans les films qu’ils regardent, souvent en les reliant à leurs réalisateurs (une version « café du commerce » de la Politique des Auteurs chère à François Truffaut). Mickael Bay fait exploser des trucs, Spielberg fait se poursuivre des trucs, John Woo fait voler des colombes, etc. Ignacy Trzewiczek, son délire, c’est de faire construire des civilisations avec des cartes à triple emploi. Qui sommes-nous pour le juger?

boite« On ne change pas une formule qui marche », dit-on. Sauf que parfois, une formule qui fonctionne vite fait dans son coin et qui intéresse sa petite niche a besoin d’un coup de balai pour véritablement devenir un hit potentiel. Du genre, prenez 51ème Etat. Vous ne m’entendrez jamais dire que ce jeu est mauvais, il a juste quelques failles. Un manque d’interactions entre joueurs, un visuel pas engageant, un thème un peu hors mode, des civilisations pas si marquées que ça… Des petites choses donc, que Settlers corrige avec élégance.

Et le premier truc qui marque, c’est la claque visuelle. Exit le monde post-apocalyptique crade de 51ème Etat, bienvenue dans une antiquité fantasmée allant puiser dans la préhistoire aussi bien que dans l’époque médiévale (pour les samouraïs). Romains, Égyptiens, Japonais et tribus Barbares se disputent la suprématie sur je ne sais quel lopin de terre et vont jouer à qui a la plus grosse civilisation pour connaître le vainqueur.

Bâtir…

Le tout illustré par des petits bonhommes mignons sur des cartes colorées, et surtout bien lisibles (on retrouve d’ailleurs les codes couleurs de 51ème Etat avec la zone bleue pour le commerce et la zone rouge pour le pillage). Outre les cartes, les jetons de ressources font aussi leur retour. Beaucoup d’entre eux sont en bois, sculptés à la forme de ce qu’ils représentent (une pomme pour la nourriture, etc.). C’est bête, mais le degré de finition met en confiance, donne d’entrée de jeu plus de sympathie pour le titre.

Et donc, comment ça marche? Comme dans 51ème Etat: Au début de votre tour, vous récoltez vos ressources, puis vous piochez des cartes (3 par tour, dont 2 sont visibles par votre adversaire). Ensuite, chaque joueur accomplit une action à tour de rôle, jusqu’à ce que tous aient passé. Enfin, les ressources non-utilisées sont défaussées, et un nouveau tour commence. Ceci se répète jusqu’au 5ème tour.

Il existe des bâtiments de production, d’autres qui offrent des Actions supplémentaires à effectuer lors de son tour (généralement défausser des ressources pour marquer des points, mais pas que), et d’autres dits « spéciaux » qui amènent divers avantages. Le tout divisé en cartes « communes » (utilisables par tous) et en cartes « de faction » (chaque joueur a son deck). Les civilisations sont bien différenciées, et le jeu favorise clairement la construction des bâtiments de faction pour augmenter sa puissance.

… et rebâtir.plateau

Pas trop de différence avec 51ème Etat? Si, une de taille: les interactions. Dans le jeu post-apocalyptique, elles se limitaient à 2 bâtiments qui volaient des ressources. Ici, elles sont plus nombreuses et influent sur la façon d’envisager les constructions. En effet, en dépensant une ressource spécifique (les épées) il vous sera possible de mener des « razzias », non seulement sur les cartes de votre main mais aussi sur les cartes communes (ou japonaises) des civilisations de vos adversaires, afin de les ralentir et de gratter quelques ressources de plus.

Là où le système est intelligent, c’est que le joueur qui se fait casser un bâtiment n’est pas laissé sans rien. Il peut récupérer un peu de bois sur les ruines du bâtiment, et la carte visée est retournée pour devenir des « fondations ». Ces fondations pourront être utilisées par le joueur pour construire ses bâtiments de faction. De quoi relativiser la frustration liée à la perte d’un bâtiment généralement secondaire dans la stratégie.

Au final, Settlers est une très bonne modernisation de 51ème Etat. Le système a gagné la part d’interaction qui lui manquant, pour devenir un très bon jeu de développement de civilisation. Les 4 peuples bien différenciés apportent une bonne rejouabilité, et le titre reste intéressant quel que soit le nombre de joueur (même si j’ai une préférence pour les duels). Le tout avec un visuel bien plus propre et porteur que son ainé, qui donne envie d’entrée de jeu de se mettre à la table.

HeadsPetite astuce: Même un duel où les joueurs piochent comme des damnés n’utilise pas la moitié de la pioche. Donc en séparant la pioche Commune en 2 pioches égales pour gérer 2 tables, il est possible de faire jouer 2 duels simultanément avec une seule table, et donc d’improviser un mini-tournoi à 4 joueurs.

SETTLERS – NAISSANCE D’UN EMPIRE

Apparence: 17/20

C’est mignon, coloré, largement lisible, et la finition sur les pièces laisse rêveur. Si on veut absolument râler, la piste de score pourrait être mieux gérée.

Simplicité: 14/20

Les actions sont simples à cerner et à mettre en œuvre, et le développement progressif des civilisations amène une complexification graduelle des tours qui permet de se plonger doucement dans le bain.

Fluidité: 13/20

Justement, quand les cités deviennent plus grandes, choisir que faire et dans quel ordre peut demander un peu plus de temps. Mais rien de bien gênant…

Immersion: 15/20

… puisqu’on ne voit que peu le temps passer. Le jeu est très prenant, entre la réalisation de ses actions et la planification durant celles des autres.

Fun: 14/20

Bon, c’est pas à hurler de rire, comme les autres jeux de ce type, mais les amateurs de calculs de tours passeront un bon moment.

Clarté des règles: 15/20

Un poil trop impersonnelles, les règles ont tout de même l’avantage de la lisibilité. Les éléments sont logiquement rangés, et facilement compréhensibles.

Accomplissement personnel: 16/20

Les esprits chagrins feront remarquer que la pioche est bien présente, mais aucun argument ne vaut la fierté de voir sa civilisation écraser les autres à la fin de la partie.

NOTE FINALE: 15/20

Settlers est un très bon titre qui mérite vraiment que vous y posiez les mains. Joli, simple à prendre en mains, intéressant et immersif, ce titre a toutes les qualités pour plaire au plus grand nombre. A tester, au minimum.

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