Blueprints

18 02 2014

Le terme blueprint désigne, en anglais, un plan détaillé, ce que l’on appelle en dessin technique un dessin de définition. Le terme, signifiant littéralement « impression en bleu », provient d’un procédé d’imprimerie, la cyanotypie (merci Wikipedia). Au pluriel, il désigne également un jeu à base de dés, d’apparence assez étrange mais foutrement bien foutu.

Bon, soyons honnêtes. Il y a bien eu The City et les Bâtisseurs du Moyen Âge récemment, mais en dehors de ça, il faut admettre que quand on vous décrit un jeu où vous devrez construire un bâtiment ou une ville, vous avez tout de suite en tête l’image d’un gros jeu de gestion bien teuton, avec prises de têtes pour gérer son apport en ressources à temps pour répondre à la demande de votre tailleur de pierre, etc. Pourtant, ça peut aussi se régler très simplement: aux dés.

Plastique

BlueprintsMais Blueprints, c’est plus qu’un jeu de dés. Bien sûr, vous trouverez dans la boîte une tripotée de ces cubes de plastique aux faces percées de 1 à 6 points, de diverses couleurs. Mais la boîte contient également des cartes de diverses couleurs, et une règle du jeu. Le matos n’est pas moche, il souffre juste du même défaut que The City: le design fait vraiment « bureau d’études », c’est un peu dommage pour la joie de vivre.

Donc, à chaque manche, un plan de bâtiment est distribué à chaque joueur (tous sont différents). Puis une partie des dés disponibles (également choisie au hasard) est lancée au centre. Chaque joueur à tour de rôle va choisir un dé disponible, et le poser sur une case « libre » de son plan, sans modifier la valeur du dé. Puis il pioche un dé au hasard dans la réserve, et le lance au milieu de la table pour remplacer celui qu’il a enlevé.

Béton

Où peut-on poser ses dés? Il est interdit de le placer sur une case hachurée, et un é ne peut être posé que sur un autre dé de valeur inférieure ou égale. Pour le reste, tout est permis, y compris ne pas suivre exactement les indications du plan! En effet, construire ce qui a été demandé offre un bonus pour juger du meilleur immeuble en fin de manche, mais ne pas le suivre peut aussi avoir ses avantages.

En fin de manche, vient le compte des points, et c’est là que les couleurs et les valeurs entrent en jeu. Chaque couleur correspond à un type de matériau (bois, métal, verre…), qui apportent des points de manière différente (les cubes de bois doivent être entourés, les cubes de métal doivent être placés haut… Les immeubles les mieux notés rapportent des médailles, synonymes de points de victoire, mais d’autres points de victoire sont aussi donnés aux immeubles particulièrement hauts, aux valeurs de dés toutes différentes ou au contraire identiques…

Sous une apparence pour le moins austère, Blueprints révèle à l’usage une mécanique digne de l’horlogerie. Rapides à comprendre et à appliquer malgré quelques imprécisions ici où là, les règles offrent un vrai instant de tactique, où les dés offrent plus un besoin de réagir à un léger imprévu plutôt qu’un hasard absolu. Une bonne surprise.

BLUEPRINTS

Apparence: 11/20

Bien réalisé, avec de bonnes idées de matériel (les dés de couleurs). Dommage que le ton soit finalement si sérieux…

Simplicité: 13/20

Le principe est simple à appréhender et à mettre en œuvre, à condition de bien calculer ses coups concernant le choix des dés.

Fluidité: 15/20

Choisir son dé, le poser, en essayant si possible de lire les choix des autres afin de les ennuyer… Pour peu qu’on calcule ses choix un peu en avance, ça va vite.

Immersion: 11/20

« immersif »… bon, ça a ses limites, tout de même. Quoique le jeu se propose de représenter, ça restera toujours des dés posés sur des cartes, quoi.

Fun: 13/20

Bon, c’est pas du plus haut comique, évidemment, mais c’est tout de même intéressant à jouer, notamment au niveau des choix.

Clarté des règles: 12/20

La simplicité du système contrebalance le côté parfois brouillon des règles, avec notamment quelques subtilités mal indiquées (comme la possibilité de ne pas suivre le plan).

Accomplissement personnel: 13/20

Le hasard est la plupart du temps contournable, et la fierté d’avoir un immeuble cohérent et biennoté est comparable à celle d’un 7 Wonders, par exemple.

NOTE FINALE: 13/20

Blueprints ne marquera pas l’Histoire des jeux de manière indélébile, mais il propose un petit exercice de calcul plutôt rafraichissant dans le monde des « gros » city-builders. Très (trop) sobre visuellement, il se dote d’une mécanique magnifique qui donne vraiment envie de faire au mieux pour marquer le maximum de points. Le genre de jeux dont on n’enchaîne pas les parties jusqu’à pas d’heure, mais qu’on ressort volontiers de temps à autre.

Publicités

Actions

Information

One response

23 08 2018
Metromania |

[…] à la fin des années 80. C’est moche, sans personnalité (même The City ou Blueprints font mieux)… Rien n’est attirant visuellement dans ce […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :