[Oldies] Zombies: la blonde, la brute et le truand

8 11 2012

Attendu comme le Messie par certains, encensé avant même son premier prototype (ah, les joies du marketing), City of Horror est sorti il y a peu de temps. Présenté comme un remake de Zombies: la blonde, la brute et le truand (ou « Z:BBT »), il m’offre l’occasion de parler de ce noble précurseur, une perle qui n’a pour seuls défauts majeurs que son nom interminable, et sa non-réédition. Ce premier test sera suivi d’un autre, logiquement consacré à son successeur.

Zombies: la blonde...Oui, bon. J’en ai déjà parlé précédemment, des zombies, on en voit partout, et déclinés à toutes les sauces. Mais il y a encore peu de temps, ce n’était pas le cas. Tiens, en 2008, par exemple, qui parlait de zombies? Une poignée de geeks, qui se regroupaient parfois pour profiter de leurs passions dans des lieux sombres (ben oui, les boutiques de jeux, c’est pas toujours super bien éclairé, et une salle de cinéma est, par définition, sombre). Pour sortir un jeu sur ce thème à cette époque, il fallait avoir un jeu qui tienne sacrément la route derrière.

Et Z:BBT, ça tient sacrément la route. Le pitch est diaboliquement simple: un centre commercial est infesté de zombies. Certes, les secours arrivent, mais les places dans l’hélicoptère sont en nombre limité. Et quitte à choisir, mieux vaut que ce soient vos survivants qui s’échappent plutôt que ceux de vos adversaires… Qui a dit que la survie en milieu hostile était affaire de coopération?

Sprint

L’ouverture de boîte est plutôt sympathique: un grand plateau (trop grand, diront certains) figure le centre commercial, chaque joueur dispose d’une « roue » à sa couleur lui servant à voter (car on vote énormément dans ce jeu), il y a des cartes « matériel » (des armes, des barricades, etc.), et une demi-boîte sous laquelle seront secoués 4 dés. On n’oublie pas des jetons en bois teintés, représentant les survivants de chaque joueur, et une cohorte de pions zombie en plastique, pas trop mal moulés sans être transcendants.

L’ensemble est plutôt beau, assez immersif dans les choix artistiques, et va se révéler impeccable à l’usage. Les personnages des joueurs sont éparpillés dans 6 lieux, dont 2 ont des capacités spécifiques. D’abord, le Poste de sécurité permet à celui qui en a le contrôle (choisi par un vote à chaque tour) de « lancer » les dés sous la boîte, et d’être (en théorie) le seul à voir leurs résultats. Quand on sait que ces résultats indiquent les emplacements des futurs zombies, on comprend l’importance de la fonction.

Autre lieu particulier: le Parking. Un survivant parmi ceux qui s’y trouvent en fin de tour (choisi par vote) aura le privilège de partir en quête d’objets intéressants: il choisira une (bonne) carte pour lui-même et en donnera une (mauvaise) à un autre joueur. Le problème du lieu? C’est que chaque zombie qui s’y trouve mangera quelqu’un, quel que soit le nombre de survivants présents… Piocher, c’est gagner, à condition d’avoir des boucliers humains autour de soi.

Brains!

Mais entrons dans le vif du sujet: Chaque personnage va choisir un lieu où il sera obligé d’envoyer un personnage, en commençant par le Chef de la Sécurité (qui choisira de façon visible). Les apparitions de zombies ne s’effectuent qu’après tous les mouvements, il est donc généralement intéressant de suivre l’avis du chef. Quand tout le monde a bougé, les zombies attaquent. Un lieu qui possède plus de zombies que de survivants va être envahi, et il va falloir voter pour déterminer quel joueur va perdre un personnage. Diplomatie et trahisons sont à l’ordre du jour à cet instant.

Car certes, l’objectif est simplement de sauver ses propres survivants sans se soucier des autres,  mais vous mettre tout le monde à dos ne vous rendra pas service pour autant. Il vous faudra vous montrer (faussement) conciliant et amical dans certains choix de vote afin d’éviter les « dévorements-sanctions » et marquer un maximum de points. Un exercice délicat, qui fait atteindre à Z:BBT un niveau d’immersion inégalé. Couplé à une simplicité de jeu exemplaire, cela fait de chaque partie un vrai moment de bonheur ludique. On peut rêver d’une « vraie » réédition un jour?

ZOMBIES – LA BLONDE LA BRUTE ET LE TRUAND

Apparence: 15/20

Du matos beau et solide, de bonnes idées pour répondre aux demandes spécifiques du gameplay (la roue de votes), et un choix artistique qui plonge dans une ambiance d’apocalypse zombie. Du tout bon, en somme.

Simplicité: 16/20

L’impression de connaître toutes les ficelles du jeu au bout du 3ème tour compense les hésitations du début de partie, quand on n’est pas trop surs d’avoir tout compris.

Fluidité: 15/20

Tout le monde joue plus ou moins en même temps, le seul instant de flottement vient lors du choix de destination ou, beaucoup plus rarement, de certains votes.

Immersion: 17/20

Une fois plongé dans cette course à la survie, impossible de s’en sortir. L’emprise du jeu sur la tablée est totale, et on n’a surtout aucune envie d’y résister.

Fun: 15/20

Etroitement liée à l’immersion. Entre alliances et coups fourrées, il n’y a juste pas de place pour l’ennui dans ce jeu.

Clarté des règles: 12/20

Quelques points mineurs mal ou non expliqués, mais l’ensemble est bien ordonné et pratique à utiliser.

Accomplissement personnel: 12/20

La chance compte pour beaucoup, mais il y a de quoi être fier quand on effectue LA manœuvre de fourbasse qui plie le suspense.

NOTE FINALE: 15,5/20

Monument ludique incontestable, Z:BBT offre un plaisir de jeu exceptionnel avec un système finalement plus simple à exploiter qu’il n’y paraît au premier abord. Immersif tant au niveau du matériel que du système, ce jeu est du genre à vous scotcher à table pour toute la durée de la partie. Son successeur annoncé, City of Horror, parvient-il à l’égaler, voire à le surpasser? Réponse dans le test à suivre.

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