City of Horror

8 11 2012

A l’instar d’un jeu dérivé (voir l’introduction de ma critique de Dungeon Petz à ce sujet), le remake d’un jeu est un exercice difficile, d’autant plus lorsqu’on s’attaque à un titre reconnu comme étant excellent. Il est facile de perdre l’esprit initial du titre à trop vouloir le moderniser, et de totalement planter son sujet. C’est ce dont je parlerai dans cette deuxième partie du diptyque consacré à Zombies: la blonde, la brute et le truand (« Z:BBT »), en illustrant mon propos par le test de City of Horror.

City of HorrorEt ainsi mourut le suspens : non, City of Horror n’aurait jamais dû se prévaloir d’un lien de parenté avec Z:BBT, tant la comparaison entre les deux titres lui fait de mal. Moins intéressant, moins immersif, moins plaisant à prendre en mains, moins… Moins tout, en fait. Prenons les choses dans l’ordre. Et pour commencer, je vous engage à lire (ou relire) ma critique de Z:BBT, car ce qui suit va s’appuyer dessus pour vous faire un état des différences notables entre les deux titres.

Le pitch est similaire, mais on se situe cette fois à l’échelle d’une ville. Invasion, survivre, trahisons, etc. Petite subtilité, le jeu se termine au bout de 4 tours, et à cet instant, les militaires tueront les survivants qui n’auront pas reçu d’antidote. Autre subtilité, tous les lieux ont à présent des effets particuliers. Se soigner, récupérer l’antidote, piocher des cartes…

L’approche commence comme d’habitude, avec le visuel. Le plateau modulable et les lieux double-face, j’adhère à 100%. Entre les choix des faces et ceux des emplacements des bâtiments, on arrive à 1500 et quelques configurations possibles. C’est pas mal. Des pions en carton de zombies, et de personnages… tous différents? Ou sont passées les blondes, les truands, tout ça? Et… les roues pour voter? Où sont les votes!? C’est quoi ces mini-cartes de choix de lieu qui servent à rien? Rendez-moi ma roue! (oui, intérieurement, j’étais vraiment en panique à ce point.)

Sprint?… ah ben non.

Le système de jeu… en fait, pour la suite, je vais changer un peu des habitudes, et effectuer une revue point par point des changements entre ancien et nouveau jeu. Et on commence avec le n° 1- Les arrivées de zombies. Dans Z:BBT, le Chef de la Sécurité lançait des dés, et pouvait voir ce qui arrivait. Dans City of Horror, une carte sera révélée à chaque tour pour montrer où arriveront les zombies. Heureusement, des survivants pourront monter en haut du château d’eau pour observer la carte pour le tour à venir. Jusque-là, admettons.

2- Les cartes d’équipement. On sort d’un jeu où il faut se battre pour obtenir la moindre carte, et on arrive sur un titre qui en donne 4 d’entrée de jeu. Quelque part, heureusement qu’elles sont mal fichues et que leur utilité est tellement circonstanciée qu’elles ne servent à rien la plupart du temps, sinon ça serait trop facile. Pour les récupérer, pas besoin de risquer sa vie au centre, elles tombent au hasard sur la map au fil du jeu.

3- Les personnages. Au début, on se dit que des personnages avec des pouvoirs, ça va être cool. D’autant qu’utiliser un pouvoir nécessite d’épuiser son personnage, que ça réduit sa valeur en points, et qu’un personnage épuisé n’a plus de pouvoir (tant qu’il n’est pas soigné). Sauf que les personnages sont tirés au pif en début de partie, et que ça donne des situations tout sauf équilibrées, puisque certains persos sont tout simplement bourrins (le cuistot qui fait piocher) alors que d’autres ont des handicaps à la place de leurs pouvoirs (la mémé qui ne peut pas bouger)!

Brainless.

4- Les lieux. Il faut reconnaître que les lieux sans pouvoir de Z:BBT faisaient parfois un peu tristounet dans le paysage. City of Horror a au moins le mérite de montrer qu’il valait mieux pas de pouvoirs du tout plutôt que des pouvoirs foireux. Aucun pouvoir de lieu dans ce jeu n’est véritablement utile (à part l’Eglise qui ouvre même une possibilité de combo), au point que des ajouts bancals aux règles ont été faits pour justifier certains pouvoirs (je pense aux antidotes). Les pouvoirs sont peu utiles, leur répartition sur les lieux est totalement injustifiable… du bonheur.

5- Les invasions zombies. Ah, là, on arrive au cœur du jeu, on va s’éclater! … Euh, on fait les votes au clair? Pas de roue, même pas une carte à la couleur de la cible pour fourber en dernière minute? Et… les zombies rentrent ou non selon le bâtiment, sans regarder qui est à l’intérieur? Donc y’a pas moyen de se débrouiller pour renforcer une présence pour sauver un personnage, ou d’abandonner un adversaire face à 2 zombies? Et puis, quand les zombies ont mangé, ILS RESTENT SUR PLACE!? Autant dire que le lieu est condamné!? Super génial quand le Château d’Eau a 5 ou 6 zombies en permanence sur lui dès le tour 2! Personne ne va faire sacrifier son type, personne ne voit ce qui arrive, et on joue tout le jeu à l’aveuglette, super délire!

J’aurais pu parler de l’importance d’être premier, de la « roulette zombie » qui remplace le vote pour le carrefour, encore un autre système artificiel pour justifier l’ajout d’un pouvoir sur… la banque! « Ok, je transfère 300$ sur votre compte au zombieland, et vous mangez plutôt mon voisin »? Ou des boîtes de conserve à ramasser dans ce même carrefour, parce que si on n’avait pas remplacé l’ancien « parking » par un truc foireux et inutile ça aurait été trop bien. Mais à force, ça me fait presque mal d’écrire tout ça et de penser que certains sites ont osé encenser cette bouse comme le digne successeur de Z:BBT. Alors je préfère m’arrêter là.

CITY OF HORROR

Apparence: 14/20

Le design assurément « comics » du titre (à croire qu’un certain « The Walking Dead » a eu du succès) n’est pas pire qu’autre chose, et les illustrations sont plutôt réussies, mais on y perd tout de même sur la qualité, avec des méthodes de gameplay globalement peu heureuses, surtout en comparaison de son aîné.

Simplicité: 13/20

Aïe. A vouloir ajouter de nouvelles choses, City of Horror se complexifie inutilement. Les tours restent assez simples quand on a compris le truc, mais on conserve une certaine confusion tout au long du jeu.

Fluidité: 14/20

Corollaire à la simplicité, la fluidité prend également un coup dans l’aile, le temps que les joueurs cernent l’étendue de ce qu’il peuvent ou doivent faire.

Immersion: 8/20

Ici mourut City of Horror, consumé par ses idées brouillonnes et mal agencées, par son rythme haché et par ses choix de gameplay anti-intuitifs. Impossible de s’y prendre.

Fun: 10/20

Quand les joueurs demandent à se faire tuer pour quitter le navire avant la fin du naufrage, c’est rarement bon signe.

Clarté des règles: 12/20

On retrouve les mêmes soucis que pour Z:BBT, mais avec plus de règles, des règles un peu plus compliquées, des besoins en précisions plus importants… Et une formulation un peu plus boiteuse qui ouvre la porte à l’interprétation.

Accomplissement personnel: 11/20

Un avis similaire à celui de Z:BBT, si ce n’est que le désintérêt par rapport à la partie atténue les éventuels sentiments de fierté ou de frustration quant à nos choix.

NOTE FINALE: 10/20

Si j’étais une langue de pute, je dirais que City of Horror a été conçu à la va-vite (contrairement à ce qui peut se lire sur un célèbre site d’informations ludiques) pour surfer à la fois sur la vague zombie actuelle et sur la demande croissante d’une réédition de Z:BBT… et en fait, ça serait certainement l’explication la moins insultante pour l’équipe de développement. Chaque changement apporté au jeu original est soit artificiel, soit merdique (ou les deux). Par respect pour l’excellent ancien titre, ne vous laissez pas piéger par cette purge.

Publicités

Actions

Information

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :