Disque-Monde: Ankh-Morpork

26 10 2012

Disque-Monde

Je préviens à l’avance: ce test est conçu pour les fans de Terry Pratchett qui se demandent si ce jeu est un objet indispensable ou un sacrilège. Les considérations sur le respect de l’univers et l’immersion à Ankh-Morpork risquent donc de sembler superflues pour les néophytes de cet univers déjanté. Dommage pour eux, car l’immersion à tous les niveaux dans l’univers du Disque est la principale qualité de ce titre.

C’est normalement à partir de là que je suis tenu de faire un rappel de ce qu’est le Disque-Monde, de ses principaux personnages, etc. Et j’avoue que l’ampleur de la tâche m’effraie un peu. Le cycle du Disque-Monde, c’est 42 livres, et des dizaines de personnages principaux ou secondaires, tous aussi importants et hauts en couleurs les uns que les autres. Qu’on parle de Cohen le Barbare, de la vieille Mémé Ciredutemps ou du touriste Deuxfleurs, chaque être, chaque chose imaginée par le génial Terry Pratchett est devenue culte.

Dans l’Univers se promène la Grande A’Tuin, une tortue géante. Sur son dos, 4 éléphants nommés Bérilia, Tubul, Ti-Phon l’Immense et Jérakine. Sur leurs dos, un disque, sur lequel diverses peuplades qu’on qualifiera de « civilisées » cohabitent. A mi-chemin entre le Moyeu et le Bord se situe Ankh-Morpork, la plus grande ville du Disque, régie par le Patricien Havelock Vétérini, qui fait régner, à défaut de réel ordre social, un certain ordre hiérarchique. Aussi, à l’annonce de sa disparition de la ville, quelques individus particulièrement ambitieux se mettent à comploter pour prendre la tête de la Cité.

Mage

Et c’est là que les joueurs entrent en scène, et que la boîte du jeu peut s’ouvrir. Un grand plateau se déplie. Les néophytes le trouveront terne et un peu fouillis, les connaisseurs seront aux anges. Tous les quartiers de la ville y sont fidèlement reproduits, avec une foule de petits détails, notamment les bâtiments les plus connus de la ville (et donc des lecteurs). La magie commence à opérer. On ajoute des pions agents et Bâtiments aux couleurs des joueurs, des pions neutres Trolls et Démons, et plein de cartes.

Ces cartes sont la base de tout. Certaines attribuent un rôle secret à chaque joueur, d’autres leurs rappellent les effets des quartiers où ils possèdent une maison, d’autres encore indiquent quelle catastrophe magique vient de se produire, et la grande majorité d’entre-elles sont des personnages ou des lieux emblématiques de la ville, qui serviront à effectuer les actions en cours de jeu. Ajoutons un livret de règles et des pense-bêtes pour faire bonne mesure.

Quand je parle de « personnages ou [de] lieux emblématiques », toute la clique des habitués d’Ankh-Morpork est de la partie, depuis les mages de l’Université de l’Invisible jusqu’aux agents du Guet Municipal en passant par la Guilde des Clowns, la guilde des assassins, le célèbre Bagage, ou même la Mort en personne ( « EH, IL FAUT BIEN QUE JE BOSSE, HEIN. » ). Chaque apparition ravivera des souvenirs aux connaisseurs. Les autres apprécieront la qualité du matériel, la bonne lisibilité de chaque élément, et la cohérence graphique entre les diverses illustrations.

Touriste

Et donc, comment ça marche? De la manière la plus simple qui soit. Chaque carte comporte une série de symboles qui indiquent (de façon très instinctive) ses différents pouvoirs: ajouter un agent dans un quartier, en supprimer un, gagner de l’argent, construire un bâtiment, déclencher une catastrophe, rejouer une carte… au total, 8 symboles sont à retenir, et leurs associations forment des profils très typés et proches des personnages à qui ils sont associés. Après avoir joué sa ou ses cartes (une seule par défaut), on remplit sa main en piochant, et au suivant.

Chaque joueur a un rôle secret qui lui donne un objectif précis (contrôler un certain nombre de quartiers, semer le chaos en ville, s’enrichir…), mais le jeu peut également se terminer si la pioche se vide. C’est une explication au fait que les symboles permettant d’enchaîner la pose de plusieurs cartes soient assez rares, mais la contrepartie en est qu’on est parfois obligé de jouer un tour de jeu en jouant juste une petite carte. Mais ce n’est pas bien grave vu la portée habituelle des différentes actions.

En effet, la ville est séparée en 12 quartiers, et les diverses cartes Action peuvent généralement affecter plusieurs quartiers. Ce qui met une pagaille monstre dans la ville et rend inutile l’idée de stratégie bien construite. Pas bien grave, car cela représente finalement d’une façon étonnement fidèle la vie quotidienne à Ankh-Morpork. Un déroulement de partie qui ravira donc les amateurs de la série au plus haut point, mais qui laissera les non-initiés devant un jeu d’apparence mal peaufiné et difficile à maîtriser. Pour ma part, j’ai choisi mon camp: ce Disque-Monde est un must-have, un petit bijou d’immersion conçu par des fans, pour les fans.

DISQUE-MONDE: ANKH-MORPORK

Apparence: 16/20

Le plateau semble terne au premier regard, mais la carte d’Ankh-Morpork est d’une minutie exceptionnelle, et assure largement le fan-service en représentant nettement les principaux lieux de la ville. Le matériel en règle générale est très lisible, fidèle à l’œuvre originale, et de bonne qualité.

Simplicité: 15/20

Le principe de jeu est très simple, et tient sur 8 symboles facilement mémorisables. Atteindre son objectif est plus compliqué dans le chaos ambiant, mais c’est pas bien grave.

Fluidité: 14/20

Dépend des joueurs (grr…). Si les gens prennent la peine de profiter des tours adverses pour déterminer leurs actions, ça tourne comme un coucou suisse monté sur skateboard.

Immersion: 16/20

Ankh-Morpork fidèlement reproduite, les personnages connus de la saga sont de la partie, chacun bien différencié et engendrant des actions toujours cohérentes par rapport à sa biographie… On vit vraiment dans la cité le temps de la partie.

Fun: 15/20

Les retournements de situation et les apparitions de personnages connus ou improbables se succèdent pour notre plus grand bonheur. Si on ajoute à ça une mécanique simple mais prenante qui permet de jouer des combos sympathiques, on approche du Nirvana. On l’atteindrait avec une plus grande proportion de cartes d’enchaînement.

Clarté des règles: 14/20

Les règles sont simples, et faciles à comprendre (merci le petit pense-bête). Quelques points obscurs demandent tout de même des recherches sur Internet pour être résolus.

Accomplissement personnel: /20

Oui, sur papier, c’est un jeu de tactique. Dans les faits, tout bouge trop vite et les actions de chacun ont trop de répercussions pour vraiment espérer poser une stratégie viable. On compte beaucoup sur la chance à Ankh-Morpork.

NOTE FINALE: 16/20

Attention, car la note pourrait descendre à 14 si vous n’êtes pas initié à l’humour et aux personnages cultes de l’Univers développé par Terry Pratchett, voire 13 si vous y êtes carrément hermétique. Dans ces cas, vous serez face à un jeu honnête et amusant, mais un peu trop chaotique pour vraiment vous accrocher. Les fans du Disque-Monde, en revanche, trouveront dans ce jeu un prolongement presque magique de leurs voyages littéraires dans la Cité. Fun, fidèle à l’ambiance habituelle d’Ankh-Morpork, ce titre est une perle que tout fan se doit de posséder.

Publicités

Actions

Information

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :