The Walking Dead

3 09 2012

The Walking DeadL’invasion zombie a déferlé sur le monde. Si, vous l’avez bien remarqué: où que vous regardiez, vous verrez des films de zombies, des jeux de zombies, des livres de zombies, des BD de zombies, des gadgets pour adolescentes avec des zombies, ou des séries télés de zombies. Dans ce tas de chair putréfiée, les comics « the Walking Dead » ont plutôt la côte. Normal donc que la licence s’étoffe un jour, entre autres avec un jeu de plateau.

Pourtant, des jeux à base de zombies, il y en a déjà une trâlée qui existe. Zombies!!!, Zombies: la blonde, la brute et le truand, Les morts aux trousses … On va dire qu’il y a de quoi faire. Alors comment un jeu adapté d’une licence pourrait se démarquer des autres? Eh bien en fait, d’une manière extrêmement simple: en dézoomant. En effet, tous les jeux précédemment cités se déroulent dans un seul lieu, ou à la rigueur une petite ville. The Walking Dead vous emmène dans la région autour d’Atlanta, et les lieux importants sont de toutes petites cases dans un grand plateau de désolation.

Chaque joueur incarne un survivant, accompagné au départ d’un autre compagnon. A charge pour lui d’assurer sa survie en visitant 3 lieux, et en réussissant des rencontres à ces endroits. Il existe 3 lieux dits « publics », ouverts à tous, et chaque joueur possède un lieu « privé » qu’il est seul à pouvoir visiter. Les joueurs peuvent s’allier pour survivre en groupe, ou faire cavalier seul pour priver les adversaires de la victoire.

Zombie

Concrètement, comment, ça se présente? Plutôt de belle manière: un plateau à cases hexagonales représente donc la carte de la région autour d’Atlanta, à assez petite échelle. Bonne idée d’avoir directement représenté la carte (annotée), ça fait son petit effet niveau réalisme. Il y a des pions « survivant » destinés à tenir verticalement, et plein de petits pions circulaires à poser sur la carte (ou sur les cartes Personnage) au fur et à mesure. Des pions représentant les Compagnons qui peuvent vous suivre et vous aider (ou vous handicaper -grrr-), des pions Blessure, et une quantité astronomique de pions Zombie.

Le pion Zombie, c’est le petit truc en plus qui vous perdra. A chaque fois que vous vous déplacez, vous posez un pion zombie face cachée sur chaque case que vous abandonnez. Ils sont numérotés, mais vous ne savez pas combien ils sont avant de repasser sur la case plus tard. Il est seul? Tout ira bien. Ils sont 14? Ravi de vous avoir connu. Ajoutons des cartes Personnages (Survivants et Compagnons), des cartes Lieux, des cartes Rencontre. Et changeons de paragraphe pour expliciter tout ça.

Camping-car

Je passe vite fait sur les cartes Personnage: chacune présente une photo (tirée du comic) de l’individu représenté, ainsi que ses capacités spéciales, et les dés qu’il apporte à votre Réserve. A noter la bonne idée de proposer des « combos » entre personnages, combos qui se révèleront parfois fructueuses, parfois handicapantes. Les cartes Lieu… (oui, sans transition, comme ça) … représentent les divers endroits que vous devrez explorer. Vous ne pouvez passer sur un lieu spécial que s’il fait partie des 3 Lieux Publics dévoilés sur le plateau ou s’il s’agit de votre Lieu Privé (que vous avez reçu en début de partie).

Pour remporter la partie, il vous faut réaliser les objectifs de 3 lieux différents, sachant que plus vous avancerez vers la victoire, plus ces objectifs seront difficiles. Et que plus vous avancerez dans le jeu, plus vous aurez de mal à zigzaguer entre les hordes de morts-vivants affamés.  Encore que, à partir du moment où vous avez un bon paquet de survivants sous vos ordres (et donc de dés à lancer pour résoudre les évènements du jeu), la partie « survie du joueur désemparé face à une mécanique implacable » s’étiole un peu.

Otis

Ce point précis pose la question de l’équilibrage du jeu en fonction de la (mal)chance de chacun. Globalement, si vous mourez, vous pouvez immédiatement ressusciter avec un nouveau personnage, mais le retard pris par rapport aux autres (et à la horde de zombies qui s’est déployée) vous condamne aux seconds rôles. Est-ce vraiment un mal? Pas vraiment. Ceux qui veulent gagner rageront un peu, ceux qui veulent survivre à une invasion zombie seront plutôt contents de devoir admettre leur infériorité et rejoindre un groupe plus puissant.

L’équilibrage (si l’on peut dire) entre survivre en groupe et tailler sa route en solo va également dans le sens du réalisme, au détriment du challenge. Le groupe entier joue une fois au tour de chacun de ses membres, met en commun tous ses survivants (et leurs dés) et va donc avancer non seulement plus facilement, mais aussi beaucoup plus vite qu’un joueur seul. Une réalité qui peut faire rager les adeptes du « j’ai gagné et pas vous », surtout si tout le monde joue cartes sur table. Mais s’intégrer à un groupe pour le lâcher au dernier moment en profitant de son lieu secret pour gagner seul?…

Vous l’aurez compris, ce n’est pas que par l’échelle du plateau que « The Walking Dead » se démarque des autres jeux « à zombies ». Jouant à fond la carte du réalisme, il vous offre une vraie expérience de survie (au sens strict du terme) et de gestion de groupe, là où les autres jeux dénotent une tendance au « chacun pour soi » finalement peu intuitive. Un bon titre, bien travaillé et avec une rejouabilité acceptable, mais qui ne plaira pas à tous les publics de par cette incertitude constante entre jeu collaboratif et jeu compétitif.

THE WALKING DEAD

Apparence: 14/20

Le matériel peut sembler simple, mais la représentation d’une carte annotée est très bien vue, de même que les décorations de cartes façon « moyens du bord », et les illustrations tirées des comics sont toujours d’à-propos. Une utilisation exemplaire de la licence.

Simplicité: 15/20

Une fois cerné le principe de jeu, les tours sont aisés à comprendre et à enchaîner.

Fluidité: 14/20

On a toujours l’impression de faire quelque chose dans son tour, et en plus, on le fait assez vite et on ne s’ennuie pas en suivant les actions et les déboires des autres joueurs (ça va, Pierre? 🙂 )

Immersion: 16/20

Absolument géniale. Entre la tension liée aux combats de plus en plus inévitables, l’immersion dans un jeu qui fait vraiment agir de manière réaliste face à l’invasion zombie, les possibilités de coopération « partielle »… On s’y croit vraiment, d’un bout à l’autre de la partie.

Fun: 14/20

Une note intimement liée à l’immersion, bien sûr, mais aussi à l’absence de vrai temps mort dans la partie. Une course à la survie jouissive à tous points de vue. Par contre, la partie peut parfois sembler longue sur la fin…

Clarté des règles: 13/20

Il a fallu deux parties pour comprendre et appliquer correctement toutes les règles, mais dans l’ensemble, ça reste exploitable. Un meilleur rangement des points de règle serait apprécié.

Accomplissement personnel: 12/20

Pas mal de hasard dans la partie (les compagnons, les dés, les rencontres), mais la recherche du chemin optimal en fonction de son « lieu privé » implique un petit travail tactique.

NOTE FINALE: 14,5/20

On peut être « à licence » sans perdre son âme. Ce « Walking Dead » le prouve en offrant un jeu de survie fidèle aux comics, très intéressant à jouer, et surtout TRES immersif. La contrepartie est un déséquilibre mal assumé entre la collaboration et la compétition, qui laissera sur leur faim quelques joueurs « compétitifs ». Pas de quoi vous priver d’une bonne expérience ludique.

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