Le Donjon de Naheulbeuk

18 06 2012

« Vous allez peut-être me maudire ou m’aduler (voir les 2) En tout cas, j’apporterai un jeu… je vous présente d’avances mes excuses si la folie devient notre maîtresse au cours de cette soirée… » Uniquement nantis de cette sibylline promesse, nous nous sommes retrouvés devant le jeu de plateau officiel du donjon de Naheulbeuk. Un jeu qui colle fidèlement non seulement à l’univers, mais également à la « licence Naheulbeuk ». Pour le meilleur et pour le pire.

Et c’est parti pour l’utilisation de la célèbre licence « Donjon de Naheulbeuk » en jeu de société! Oh, je vous vois venir: quand on lit « utilisation de licence » quelque part, on sous-entend « calquage de noms connus sur un truc qui n’a aucun rapport », « manœuvre bassement mercantile », « vaches à lait », et ainsi de suite. Que nenni! Le jeu officiel du Donjon de Naheulbeuk vous permettra de vous mettre dans la peau des aventuriers de la série, et d’accomplir une visite de donjon à leur manière: en foirant chaque action de manière pitoyable.

Le jeu Naheulbeuk est du genre à partager les avis. Il est difficile de se faire une opinion réellement satisfaisante du jeu, chaque élément pris séparément étant plutôt bien vu, mais l’ensemble laissant un arrière-goût d’ennui au final. Un peu comme un Kebab avec sauce soja et Nutella, si vous voulez: chaque composante est bonne, mais…

Baston!

Bref, ouvrons les hostilités, et la boîte par la même occasion. Du papier, du papier, du papier… ah, et un peu de papier, aussi. Et des pions en carton pour représenter Or, Expérience (Xp, pour les intimes)… Une grande boîte si pleine de papier, c’en serait presque mal vu. On comprend toutefois en voyant le système de quête que c’était la seule méthode de tout faire entrer dans la boîte sans passer par une boîte « format 70€ ».

Chaque joueur reçoit un livret représentant un personnage bien connu de l’équipe d’aventuriers de la saga. Et non, on n’a pas la possibilité de créer ou customiser un peu son personnage. En fonction de la quête prévue, diverses feuilles de lieux sont prélevées dans l’enveloppe qui en contient une bonne soixantaine (ça fait beaucoup de combinaisons possibles), ordonnées de manière à composer un donjon, et on commence le jeu.

Chaque feuille de quête présente une situation, parfois un choix pour les joueurs, et (presque) toujours un test ou un combat à réaliser. Quelle que soit l’issue de ce test/combat, le groupe peut ensuite progresser à la feuille suivante. On s’attend donc à un challenge plutôt relevé pour les différents tests, et on est vite rassuré: il l’est assurément. Je rappelle aux non-connaisseurs de Naheulbeuk que les « héros » sont des incapables qui ne réussissent qu’à fuir les conséquences de leurs échecs. Partant de ce concept, perdre est normal à ce jeu.

Chaussette!

Les tests sont de 4 types: memory, épreuve de château de cartes, grimper sur une chaise avec une carte sur la tête, prendre la pose du flamant rose avec une carte posée sur les doigts. Plus donc, les combats, sorte de grande foire à la truite en temps limité. Mais, ça fait 5 épreuves différentes? Oui. C’est pas un peu juste? Disons que ça aurait pu ne pas l’être. Avec un nombre d’épreuves assez limité, ça n’aurait pas été un problème. Le hic, c’est que le Donjon de Naheulbeuk se veut aussi un grand jeu d’aventure…

Je touche là à un point qui rapproche étrangement le jeu de plateau et la licence Naheulbeuk dans son ensemble: Les mécaniques semblent adaptées à un format « court et fun », comme pouvait l’être la série audio à ses débuts, mais l’ensemble se rallonge inexorablement, et le fun se dilue dans une quasi-banalité à mesure que les situations se répètent et perdent de leur force. Oui, chaque épreuve prise séparément est bien vue, et même plutôt marrante à exécuter. Mais les enchaîner et les recommencer jusqu’à l’absurde ne rend pas du tout service à l’expérience de jeu.

Bref, pour moi ce jeu est un assez bon jeu, mais qui pêche par excès d’orgueil. Là où un format de jeu court aurait servi la mécanique et produit un p’tit jeu très fun, le Donjon de Naheulbeuk rallonge artificiellement la sauce et finit par en devenir indigeste. Dommage.

LE DONJON DE NAHEULBEUK

Apparence: 15/20

Un jeu pour les fans des BD. Les illustrations de Marion Poinsot sont omniprésentes, bien choisies pour la plupart. L’ensemble est sympa à voir, mais le « tout papier », s’il se justifie au vu du système de jeu et de construction des scenarii (j’imagine pas la taille de la boîte avec des tuiles cartonnées), fait tout de même un peu « cheap ».

Simplicité: 14/20

Pas facile à noter, ça. C’est tordu jusqu’à l’absurde, mais un système simple pourrirait le jeu. En plus, une fois les différents « tests » retenus, ça coule beaucoup plus facilement.

Fluidité: 15/20

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça va vite. Tout s’enchaîne avec une fluidité exemplaire, pour peu qu’on ait toujours envie de continuer la quête.

Immersion: 15/20

Les images, les textes, les situations, tout nous plonge dans l’univers de Naheulbeuk. Les fans seront ravis, les autres s’y mettront assez vite. Petit regret sur l’obligation d’incarner des membres de l’équipe initiale.

Fun: 11/20

Des situations amusantes, des mini-épreuves sympathiques… mais pourquoi avoir voulu en faire une si grosse boîte et de longues quêtes (avec ce que ça suppose de répétitivité des 5 mêmes épreuves)?

Clarté des règles: 15/20

Le livre de règles est assez petit, et explique tout ce qu’il y a à savoir efficacement. Un bon point pour le livret d’initiation qui propose une aventure « clés en main » très didactique. De là à dire que les règles sont « claires », il y a un grand pas, mais puisque la complexité et l’absurdité sont des éléments importants du gameplay…

Accomplissement personnel: /20

Non pertinent. Le but n’est pas de gagner, c’est de revivre une aventure à la manière des personnages du Donjon de Naheulbeuk (c’est-à-dire en accumulant les résultats de loosers et en progressant quand même).

NOTE FINALE: 13,5/20

Finalement, ce que je reproche au jeu est exactement la même chose que ce que je reproche à l’évolution de la licence Naheulbeuk. Un bon « petit » jeu d’ambiance avec plein d’idées bien marrantes, mais qui veut se prendre pour un grand. Il y perd finalement son âme pour ne laisser en tête qu’un ensemble répétitif et pas si palpitant que ça.

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