Hive

1 09 2011

Hive

Attention, car une nouvelle version de Hive (Hive Carbon) est sortie récemment. Toute noire et blanche (d’après la boîte) et donc plus classe que le modèle initial, elle contient également 2 types d’insectes supplémentaires. Mais comme je n’ai pas testé Hive Carbon, on parlera ici de Hive, l’original, avec ses pions bizarrement peints et sans les p’tites bêtes en bonus. Ce qui n’enlève pas grand-chose au plaisir de jeu, remarquez.

Bon, si j’avais encore l’espoir de paraître objectif dans mes tests, c’est officiellement et définitivement mort aujourd’hui. Car aujourd’hui je vous parle de Hive. Je connais des personnes qui vous vanteront des moments d’ennui devant ce jeu, ou le caractère difficilement compréhensible de certaines règles. Mais la personne qui tient le clavier pour écrire ce test (moi, en gros) est capable d’enchaîner des vingtaines de parties sans se lasser (non, c’est pas une façon de parler, je l’ai déjà fait). Et pourtant, avant d’avoir les pions en main, c’était pas gagné.

Vinaigre

La boîte contient 22 pions hexagonaux, de 2 couleurs différentes. Leur matière? Apparemment, c’est de la résine. Je les estime à 7 ou 8 mm d’épaisseur pour 4cm de diamètre. Du bon gros bloc solide, quoi, qui lorgne un peu sur le sérieux style « échecs ». Des dessins d’insectes gravés dessus, chaque insecte présentant une couleur distincte. Euh, oui, une couleur distincte. Sur vos pions noirs et blancs, vous avez les gravures remplies avec des à-plats jaunes, bleus, violets, du plus mauvais goût. Hive, c’est définitivement pas un jeu dont on expose une fausse « partie en cours » sur sa cheminée.

A part les pions, y’a une règle du jeu qui essaie d’être la plus claire possible, et un sac plat qui se veut cylindrique, en toile synthétique façon sac à dos. C’est très pratique, certes, mais l’ensemble (sac et couleurs) donne l’impression d’une tentative ratée pour « casualiser » un jeu conçu pour être classe. A osciller entre 2 personnalités, le jeu en invente finalement une troisième, mais qui ne lui fait pas honneur. Heureusement que Hive Carbon est né, donc…

Miel

Une fois la critique esthétique passée, on trouve un co-cobaye (à ne pas confondre avec les cocoboys), on s’assoit chacun d’un côté d’une table, on se répartit les pions, et on se lance, laborieusement au départ. La faute au système de jeu qui demande un peu de pratique pour bien cerner les mouvements possibles de chaque insecte. Les règles font ce qu’elles peuvent pour être le plus claires possibles, mais quand le truc est compliqué du départ, hein… Chaque insecte a son propre déplacement, certains glissent et ne peuvent pas se faufiler partout, d’autres bondissent et peuvent passer dans les endroits étroits…

Au moins l’objectif est simple: il faut totalement encercler la Reine adverse, avec ses propres pièces et/ou les pièces adverses. Des déplacements compliqués et un but simple à atteindre? A mesure que les deux joueurs prennent le système en mains, ce déséquilibre s’inverse. Les déplacements des insectes sont finalement assez instinctifs pour se retenir rapidement, mais comme bien entendu votre adversaire n’est pas plus bête que vous, l’adversité devient rapidement assez ardue pour proposer une série de parties très intéressantes, dont chacune en demandera une petite de plus.

HIVE

Apparence: 9/20

Aïe. Les pièces sont de belle qualité, mais les choix artistiques le sont moins. Trop de couleurs, ou alors des formes de pièces trop « sérieuses », je sais pas, mais y’a des choses qui ne vont pas ensemble là-dedans.

Simplicité: 11/20

On ne profite pas de toute la profondeur du jeu immédiatement, il faut 2 ou 3 parties pour s’habituer aux pièces et réellement appréhender les ouvertures tactiques qu’elles offrent (même si l’Araignée est globalement la pièce du pauvre).

Fluidité: 15/20

On pose ou on déplace une pièce, à chaque tour. Pour peu qu’on prenne l’ascendant sur la partie et qu’on impose sa tactique, les tours sont rapides.

Immersion: 13/20

On peut regarder ailleurs entre deux courtes parties, mais le temps de cerveau disponible est très faible une fois le défi lancé.

Fun: 14/20

Un jeu qu’on recommence sans lassitude, dont on redemande des parties tant l’opposition se nivelle rapidement pour ne jamais laisser de vainqueur incontesté.

Clarté des règles: 12/20

Les règles font le maximum, mais il faut vraiment voir les situations en pratique pour cerner le système de jeu.

Accomplissement personnel: 16/20

Il manquera quelque chose à ceux qui aiment écraser l’adversité impitoyablement, mais les amateurs de challenges relevés et de victoires serrées (les plus belles selon moi) seront ravis.

NOTE FINALE: 13/20

Mal servi par une apparence « adolescente » qui se cherche entre les couleurs enfantines et les formes et matériaux de pièces bien « adultes », Hive n’en reste pas moins un excellent jeu de stratégie et de placement, dont la mécanique plus simple qu’il n’y paraît met rapidement les adversaires sur un pied d’égalité, et dont les parties (le plus souvent) rapides permettent un enchaînement qui vous fera oublier le temps. Je le classe sans problème parmi les meilleurs jeux à deux du marché. De ce que je sais de Hive Carbon, il serait probablement monté à 14 ou 15/20.

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