Ninja versus Ninja

31 08 2011

Ninja versus NinjaJ’ai beau réfléchir, je ne sais plus ce qui m’a fait remarquer celui-là. Je l’ai probablement pris pour atteindre le franco de port lors d’une commande sur le net. Le genre de jeu dont personne ne parle et dont la boîte bâclée et sans accroche n’attire pas le regard. Bon, je ne vais pas vous faire croire que j’ai déniché le meilleur jeu du millénaire, mais tout de même, je ne suis pas mécontent de le voir dans ma ludothèque…

Ninja versus Ninja… quand j’ai décidé d’écrire cet article, je n’avais pas trop d’idée de ce que j’allais pouvoir en dire en guise d’introduction. Et encore maintenant, je rame pour trouver un bon moyen de qualifier ce jeu. Pas qu’il soit mauvais, loin de là, mais de quel genre de jeu s’agit-il? Jeu de stratégie, de déplacement tactique? Un peu, mais l’omniprésence des dés lui interdit de mériter pleinement cette appellation. Jeu de hasard, alors? Non, car les déplacements doivent être soigneusement choisis pour l’emporter.

Chaque joueur est le maître d’un dojo, et a pour but de bien ridiculiser son rival. Il pourra s’y prendre de deux manières différentes pour cela: soit il décidera d’envoyer ses ninjas le plus loin possible dans le domaine adverse pour marquer un maximum de points, soit il pourra tout simplement assassiner tous les ninjas de son concurrent.

Katana

Découverte de boîte. Bon, j’ai râlé à ce sujet pour Camelot, pas de raisons que Ninja versus Ninja y coupe: une grosse boîte jaune et moche qui pique les yeux, qui pousse le regard à se détourner, et qui ne donne surtout pas envie d’y toucher. Une grande boîte, apparemment « standard » car pleine de vide. 16 pions d’assez grande taille, plutôt attachants (le trait de John Kovalic a été bien respecté durant la création des moules, c’est sympa à l’œil). Un plateau, une règle du jeu, et sa traduction en français (qui vous empêche de gagner si vous la suivez à la lettre).

Les couleurs du plateau sont également vives, mais la dominante marron/grise rend la chose plus supportable que l’extérieur de la boîte. Deux dés à quatre faces plutôt marrants à l’œil, en forme de parallélépipèdes rectangles percés dans la longueur par un sabre. Quelque part, le matériel donne le ton du jeu: c’est un divertissement, pas un jeu « sérieux ».

D’un autre côté, on trouve aussi rapidement le défaut de Ninjas Versus Ninjas: ses éditeurs n’ont apparemment pas remarqué que les « p’tits jeux » existent. Le matériel est grand, la boîte aussi, et on constate assez rapidement que le système de jeu ne méritait pas un tel étalement. Les 30€ à débourser pour obtenir le jeu se comprennent quand on regarde le matériel, pas quand on regarde les règles. Des pions plus petits (ou en carton), un plateau miniature et/ou pliable en 6, et l’ensemble serait rentré dans une petite boîte qui aurait beaucoup moins senti l’arnaque…

Fous ta cagoule

Mais on parle, on parle, et il va bien falloir se mettre à jouer. Un tour de jeu est simple: on lance les 2 dés, puis on choisit un de ses ninjas qui devra se déplacer d’exactement le nombre de cases indiqué par le total des dés. 1 seul changement de direction dans le tour, plus un demi-tour autorisé si on est dans le camp adverse. Si on arrête son déplacement sur un ninja adverse, il est tué. Quand votre ninja progresse dans le dojo adverse, un pion d’Ombre indique la distance qu’il y parcourt. Quand votre ninja (qui peut rester 3 tours hors de son dojo avant de mourir) revient chez lui, vous marquez les points indiqués par cette ombre. Vous gagnez si vous obtenez 7 points ou si vous tuez tous les ninjas d’en face.

Tout bête? Pas entièrement faux. Mais aussi sacrément addictif. Les mordus du « jet de dé qui sauve » (ou pas -pourquoi vous me regardez comme ça?-) adoreront jouer leur tactique sur l’ultime lancer. Les plus sérieux tiqueront, évidemment, mais ils pourront choisir leur ninja après le jet, et donc toujours disposer de multiples choix tactiques qui leur feront mieux passer la pilule. La sortie de table, finalement, se fait un peu à regret, avec l’envie de faire la partie de plus: le vainqueur mettra en avant ses bons déplacements, et le perdant tentera de prendre sa revanche, si seulement les dés veulent bien être de son côté…

Ninja versus Ninja est un jeu à la croisée des chemins. Pas vraiment pur jeu de tactique par l’importance des dés, pas vraiment pur jeu de hasard par l’importance de déplacements bien pensés, il tente de concilier les deux sans vraiment choisir son camp. Loin d’être un défaut, cela en fait un titre très ouvert, qui laisse des choix tactiques sans se prendre au sérieux. Son défaut, en revanche, se trouve dans son packaging: la mécanique est trop simple pour convenir à un « gros jeu » (surtout qu’il se limite à 2 joueurs), et payer un p’tit jeu comme ça au prix fort est impensable.

NINJA VERSUS NINJA

Apparence: 12/20

Le plateau est lisible quoiqu’un peu criard, les pions sont mignons et facilement identifiables, c’est joli… Mais POURQUOI en avoir fait un « gros jeu » cher alors que la mécanique pourrait parfaitement convenir à un petit jeu à 15-20€?

Simplicité: 14/20

Le tour de jeu est simple à appréhender, les particularités au niveau des déplacements (notamment les règles sur le demi-tour) prendront quelques tours avant d’être sûr de son coup.

Fluidité: 15/20

Un jet de dés, un déplacement de pion. Y’a pas beaucoup de jeux plus simples.

Immersion: 17/20

On veut toujours sa revanche. Toujours. Captivant en cours de partie par la peur du jet adverse (on n’a que 6 ninjas, après tout) ou l’espoir de faire un coup parfait, Ninja Versus Ninja est juste hypnotique.

Fun: 16/20

En l’occurrence, la catégorie se rapproche de l’immersion, je vais donc faire mon feignant et vous renvoyer au paragraphe ci-dessus.

Clarté des règles: 14/20

Les explications sont bonnes, les schémas bien lisibles, Dommage que la version française ait été faite par quelqu’un qui ne parle pas (ou mal) anglais (ou français): une erreur dans la traduction bloquera votre partie si vous vous y fiez littéralement.

Accomplissement personnel: 12/20

J’ai hésité à noter cette catégorie, vu l’importance des dés lors de mes défaites. Et finalement, j’ai repensé à mes victoires qui étaient juste dus à ma science du déplacement d’unités, et j’ai tout de même noté la catégorie. (avec l’espoir que personne ne prenne ce paragraphe au sérieux)

NOTE FINALE: 13/20

Noter le jeu seul lui aurait probablement valu un 14 ou 15, tant la mécanique m’éclate. Bon compromis entre jeu de placement et jeu de dés, Ninja versus Ninja rassemble le meilleur de ces 2 concepts dans un système accrocheur et sacrément bon. Ce qui plombe la note, finalement, c’est cette grosse boîte à 30€… Dommage…

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